Histoire de l’Orgue de Bavinchove.

Historique

1784: orgue neuf de Jean-Joseph Vanderhaghen, de Lille

1867: relevage par les frères Neuville de Rexpoëde.

1901: partie instrumentale neuve par les Établissement Delmotte, de Tournai.

D’après les notes de M. Pièteresson de Saint-Aubin, directeur des archives départementales du Nord de 1933 à 1961, le facteur Vanderhahen, de Lille, aurait placé un orgue dans l’église en 1784. La console était en fenêtre, à l’avant. La balustrade avait été établie quatre ans plus tôt par Jean Heems, menuisier à Cassel.

Après un vernissage, en 1867, « des boiseries, balustrade et montre des orgues » par sieur Damien, menuisier à Saint-Sylvestre-Cappel, l’instrument fut entièrement nettoyé et harmonisé pour la somme de 300 F, en août 1869, par les frères Émile et Alfred Neuville, de Rexpoëde. En 1878, les frères Neuville remplacèrent les deux claviers et le soufflet pour une somme évaluée à 900 F.

Le 23 octobre 1901, le facteur Théophile Delmotte, de Tournai, signe le contrat de construction d’un orgue de dix jeux réels, à deux claviers et pédalier installé dans le buffet ancien. Le prix de l’instrument était de 7500 F, et la fabrique abandonna au facteur les débris de l’ancien orgue pour compenser le surcoût des travaux d’agrandissement du buffet. La partie instrumentale du positif de dos fut supprimée pour laisser place à une console indépendante. L’inauguration eut lieu le 10 août 1902. La maison Delmotte installa, pour la première fois, son tirage pneumatique des jeux. L’emprunt de l’Octave 8 de pédale fut ajouté au contrat initial. Entretenu par abonnement de 1902 à 1914, l’instrument est aujourd’hui abandonné.

Buffet

Bien proportionnée au volume de l’église, la boiserie de l’orgue, en chêne, forme un ensemble de qualité avec la tribune sur laquelle elle prend place. Le tambour de porte s’intègre en retrait sous celle-ci et participe à cet ensemble par l’élégance de sa mouluration et la présence d’instruments de musique sculptés. Deux colonnes cannelées d’ordre composite soutiennent l’avancée de la tribune. Le garde-corps à panneaux pleins alternativement concaves et convexes porte un décor sculpté caractéristique de la fin du XVIIIe siècle, comprenant nœud régulier , guirlande, trophée d’instruments, frise de laurier. Le raffinement de ces sculptures en demi-relief, la modénature adoucie ne préparent pas au surgissement du positif, qui semble projeté en avant par le mouvement de courbe et contre-courbe de la tribune.

Le positif lui-même semble animé d’un mouvement presque violent, poussant vers l’avant la tourelle centrale encadrée d’étroites plates-faces sur le plan concave et de tourelles latérales. Au sommet de celles-ci, des pots à feu en demi-relief. Bien que construit après la tribune néoclassique, l’instrument (positif et grand buffet) s’orne d’un décor d’inspiration rocaille avec rinceaux vigoureux et coquilles asymétriques.

Adossé en partie haute à la charpente du clocheton, le buffet assez plat, constitué de trois tourelles maigrelettes et de deux plates-faces, ne donne pas la même impression de dynamisme que le positif. La qualité de son décor souffre d’une nette discordance : belles claires-voies de style rocaille, rinceaux et coquilles bien venues, mais des jouées étriquées et médiocrement sculptées. Sur les tourelles, les statues du roi David, d’un ange musicien privé de sa trompette, et de sainte Cécile ne rachètent pas ces derniers défauts.

Les cotés sont en sapin et contreplaqué. Le grand-orgue ne comporte plus de panneautage arrière, les anciens panneaux en chêne ont été utilisés pour le fond du récit. La partie instrumentale repose sur une charpente indépendante en sapin. Le boite expressive, en sapin, est placée à l’arrière du grand-orgue. Les tuyaux de façade du grand-orgue sont en zinc avec écussons rapportés en plein-cintre et oreilles. Les tuyaux du positif, de facture XIXe siècle, sont en étain peint, avec écussons rapportés en plein-cintre pour les tourelles et imprimés en triangle pour les plates-faces.

Description technique de l’instrument

Console :
De Delmotte. Indépendante, en chêne, tournée vers le chœur, et fermée par un couvercle incliné. Claviers en sapin, frontons à angles droits pour le grand-orgue et biseauté pour le récit. Placage des naturelles en ivoire, et feints en ébène. Octave 163 mm. Pédalier droit et concave en chêne avec feintes rehaussées de palissandre. Tirants de registres en forme de touches de piano à accrocher, disposés au dessus des claviers, surmontées d’une deuxième série plus petite pour la combinaison libre. Nomenclature des jeux gravée en noire sur pastilles de porcelaine de couleur, blanche pour le grand-orgue, rose pour le récit, bleue pour la pédale. Trois combinaisons fixes et annulateur par boutons poussoirs sous le clavier de grand-orgue. Accouplement, tirasses, jeux préparés par pédales en fer à accrocher. Expression et crescendo par bascule sur la droite. Banc en chêne.

Transmission :
De Delmotte. Mécanisme non suspendue pour les claviers, avec rouleaux d’abrégés en fer sur planche en chêne, disposés à l’arrière pour le récit et à l’avant pour le grand-orgue. Tirage pneumatique des jeux.

Sommiers :
De Demotte. À gravures, en chêne. Disposition diatonique. Chapes et faux sommiers vissés.
Un sommier pour le grand-orgue:
Ordre des chapes : Prestant 4, Montre 8, Bourdon 16, Salicional 8, Bourdon 8.
Un sommier pour le récit :
Ordre des chapes :
Voix céleste 8, Flûte harmonique 8, Gambe 8, Trompette 8, basson-Hautbois 8.

Soufflerie :
De Delmotte. Réservoir à plis compensés, un pli rentrant un pli sortant, situé dans le soubassement et actionnable par deux pédales en bois. Parallélismes en fer. Deux réservoirs supplémentaires pour tirage pneumatique des jeux. Porte-vent en zinc. Postages en plomb. Ventilateur électrique disposé dans une caisse insonorisée sur la tribune.

Tuyauterie :
De Delmotte. En zinc, étain et sapin peint. Calottes mobiles pour les jeux bouchés. Freins harmoniques. Pieds à vent mesuré. Montre 8 en façade à partir de Fs. Prestant 4 en façade à partir de C. Entailles de timbre, y compris pour les pavillons d’anches. Dents, Oreilles. Marques à la pointe. Poinçons. Diapason non relevé.

Descriptif

Propriétaire : commune
Situation : en tribune, au-dessus de l’entrée principale
État : injouable en juillet 1997
Entretien : néant
Édifice : XVIIIe siècle
Acoustique : environ 2 secondes de réverbération

Composition

I Grand-orgue : 56 notes, C-g’’’
Bourdon 16, Montre 8, Bourdon 8, Salicional 8, Prestant 4.
II Récit expressif : 56 notes, C-g’’’
Gambe 8, Voix céleste 8, Flûte harmonique 8, Trompette 8, Basson-Hautbois 8.
Pédale : 27 notes, C-d’
Soubasse 16, Octave 8, ces jeux sont empruntés à I

Accouplement : II / I
Tirasse I et II
Crescendo général
4 combinaisons fixes, 1 combinaison libre

Sources

AD du Nord, Fichiers de M. Piétresson, Archives paroissiales, Delmotte, M; Vanmackelberg.

Bibliographie

La croix du Nord, Roland Servais, Les Facteurs d’orgues Delmotte.
Cahier du patrimoine Éditions du patrimoine